
L’Institut Français pour la Performance Energétique du Bâtiment est une collaboration entre entreprises sur tous les sujets de construction durable, qui passe par des collaborations et des projets innovants. Les engagement Européens et nationaux de la France en terme d’efficacité énergétique, de gaz à effet de serre et d’énergies renouvelables sont le socle des réflexions.
1.Que fait l’IFPEB en matière d’économies d’énergie dans les immeubles?
L’IFPEB travaille essentiellement pour ses membres sur les immeubles de bureau, notamment sur la garantie de performance. Il s’agit de mieux maîtriser la construction et la passation d’un bâtiment à ses usagers et mieux suivre les consommations. Notre prédominance en membres de l’immobilier de commerce nous a amené également à une vaste collaboration technique en cours, toutes enseignes confondues, pour une prospective sur les centres commerciaux de demain et la réhabilitation « facteur 4 » d’un centre commercial existant.
Les immeubles collectifs, étant donné leur importance numéraire, sont également notre cible. Nous avons adhéré à la très dynamique association planète COPROPRIETE, constitué par les acteurs du plan bâtiment GRENELLE, où se trouve le cœur de la réflexion sur la rénovation thermique des copropriétés. En juin dernier nous déposé avec un leader Espagnol un projet européen sur les copropriétés, qui permettra on l’espère d’être financés pour l’assistance à maîtrise d’ouvrage d’une vingtaine de copropriétés. Nous utiliserons la boite à outil du GRENELLE. C’est d’une importance capitale et nous croisons les doigts : les premiers démonstrateurs permettront de sécuriser les procédures et contrats types, ce qui est une condition sine qua non de la généralisation au plan national. Après, nous suivons de très très près les avancées du chantier « Copropriétés » du plan bâtiment GRENELLE.
Il nous semble qu’il faut sécuriser la maîtrise d’ouvrage, qui peut être structurée par endroit mais globalement non professionnalisée. Nous allons travailler à des organisations types et des contrats types afin de réduire le coût, sécuriser l’environnement contractuel pour les maîtres d’ouvrage.
2.Que préconisez-vous dans les 8 millions de lots en copropriété en France ?
De se mettre en marche ! Le temps est à la prise de conscience, en attendant qu’un boîte à outil efficace soit mise en place pour les copropriétés suite au GRENELLE 2. C’est le commenter dans les réunions, entre gestionnaires et propriétaires, quels sont les enjeux du GRENELLE (très bien expliqués sur votre site). Prise de conscience, comptage et connaissance des consommations, inventaire et nécessaires débats internes qui pousseront le passage à l’acte le moment venu. Il faut construire le consensus d’abord.
3.Travaillez-vous sur les maisons individuelles ?
Non, c’est un marché extrêmement spécialisé, entre artisans et auto-rénovation. Pour cette dernière, il est à noter que le chiffre d’affaire de la distribution et bricolage grand public est de 15 milliards d’Euros environ, c’est un vrai levier. Notons le succès de l’enseigne de travaux de rénovation écologiques KBANE du groupe ADDEO, qui est la réponse à toutes les questions des familles en maisons individuelles en la matière. Et tout ce que vous voyez sur catalogue d’éco construction, vous le touchez sur l’étagère ! La grande surface de l’éco rénovation, en quelque sorte.
4.Pensez-vous que les travaux d’économie d’énergie dans un appartement ou un immeuble accroitra la valeur vénale de celui-ci à tel point qu’il faut vraiment les faire ?
Il y a deux manières de voir la question. La première, c’est qu’assurément la rénovation thermique embarquera d’autres aspects qui ont trait à la vétusté : modernisation des installations techniques, des ouvrants ou bien même rafraichissement général des volumes après pose des isolants. La rénovation thermique est donc associée à une modernisation qui accroit objectivement la valeur du bien et remonte sa performance dans le Diagnostic de Performance Energétique qui a lui également sans doute sa part dans le prix.
La seconde, c’est d’imaginer que la rénovation se généralise. L’effet s’observe dans certaines régions d’Allemagne (j’ai eu des témoignages récents de la Forêt Noire), il s’agit de ne pas se laisser dépasser par les voisins ! Si tout le monde isole et rénove et que mon logement est en reste, par différence avec le parc alentour sa valeur sera moindre. Il y a là-bas à certains endroits une véritable compétition entre voisins ! Dans ce cas là, la valeur vénale de celui qui ne fait rien se dégrade car c’est le reste qui bouge et s’améliore.
Nous aurons gagné quand on arborera sa maison (rénovée) écologique ou passive au même titre qu’un iPHONE !
Revenons à notre quotidien, si vous vous lancez dans les travaux, je conseille de documenter la performance énergétique initiale et finale (garder les factures) pour argumenter preuves à l’appui avec un possible acheteur. Cela parle d’avantage que le DPE…
5.Préconisez-vous aussi bien les certifications immobilières environnementales HQE que LEED, BREEAM ou autres ?
Les certifications environnementales des ouvrages sont une bonne occasion d’aller plus loin que la simple performance énergétique. Si le maître d’ouvrage est informé, bien accompagné et structuré, il pourra grâce à ces certifications maîtriser des aspects de confort et d’environnement. C’est un investissement, toutefois il faut savoir qu’une labellisation ou une certification permet de recoller aux standards des immeubles neufs qui sont, eux, généralement certifié. Ce qui n’est pas neutre dans le débat sur la valeur du bien.
6.Travaillez-vous à l’international pour faire connaitre le savoir-faire français,notamment dans le programme de ville verte de MASDAR à ABU DHABI (Emirats Arabes Unis) qui se veut le centre mondial des recherches,études et réalisations sur les économies d’énergie dans les immeubles?
Nous ne sommes pas à MASDAR mais la dimension internationale, disons Européenne, est fondamentale. C’est l’échelon qui compte en termes d’objectifs et de solutions. Il faut garder en tout un œil sur nos voisins Européens : technique, leviers de développement et ce que la commission Européenne appelle « la résolution des barrières immatérielles », c’est-à-dire l’effacement de toutes les dispositions organisationnelles, juridiques, politiques qui peuvent freiner la performance énergétique. Cela dit, la rénovation reste un marché extrêmement local et en termes de produits réhabiliter c’est du « low tech ». C’est ce qui est sympathique en termes d’emplois non délocalisables…
Nous nous sommes également positionnés de suite sur les réseaux internationaux de la construction durable. Nous sommes membres fondateurs du France GREEN BUILDING COUNCIL avec d’autres partenaires de choix et attendons de très bonnes collaborations de ce réseau .Nous avons déjà déposé deux projets Européens avec des organisations homologues et les collaborations s’intensifient.
L’Institut Français pour la Performance Energétique du Bâtiment:
Produit d’une alliance entre de grands acteurs du monde de l’immobilier et de la construction, l’IFPEB, créé en 2007, est un véritable laboratoire recherche-action. Cet institut réalise des veilles stratégiques, permet la collaboration des grandes entreprises du secteur, stimule la mutation vers de nouveaux modèles contractuels, juridiques, financiers et techniques. Cet ensemble de compétences permet à ses membres de faire des économies d’échelle, de temps, d’argent par mutualisation d’analyses stratégiques, d’anticiper les mesures réglementaires.
Structure de coordination nationale, l’IFPEB permet de comprendre et de partager ensemble des synthèses dans un monde de plus en plus complexe. Les spécialistes de l’Institut accompagnent, conseillent, monte des projets innovants, afin de fournir une réelle expertise et des solutions concrètes. L’opérationnel est l’ « ADN » même de l’IFPEB. Nous militons pour une construction durable insérée dans le marché et l’économie.